Mais non, pas de méprise. Nulle descente en flammes de l’ouvrage “Bordeaux Rock(s)” dans ces posts. Comme on dit en anglin (qui est au franglais ce que le français est au latin, ou l’inverse, en tout cas au latin de cuisine, ou kitchen-latin) : “it’s more of a bene amat bene castigat thing, get it ?”
Well, si je devais établir mon Bordeaux Rock Top 10 de fin de saison, pas de lézard, le livre en ferait partie.
Vous savez, avec ce genre de bouquin, c’est un peu comme dans les westerns : c’est le premier qui dégaine qui a gagné – ou en tout cas, celui qui fixe les règles du jeu.
On attend maintenant l’édition corrigée, enrichie et augmentée (encore plus difficile à braquer). Ou en tout cas quelque chose comme un site internet interactif pour que chacun puisse apporter sa contribution, sa petite anecdote ou sa petite photo.
Allez, pour clore le sujet, ci-après le verbatim d’une petite interview que j’avais faite de Denis Fouquet, l’auteur du livre, sur les ondes de Radio Nova Sauvagine à l’occasion de l’Escale du Livre (entretien publié par la suite dans Clubs&Concerts en mai dernier) :
Longtemps annoncé, longtemps repoussé, le livre “Bordeaux Rock(s)” est enfin disponible en librairie. Le bouquin est un bel objet, un bel album, à l’iconographie riche et surprenante.”C’est l’histoire de tous les gens qui ont façonné la contre-culture rock, et plus tard la culture rock”, explique l’auteur Denis Fouquet, aventurier à la recherche du fil conducteur de l’histoire du rock bordelais.
“L’ouvrage devrait aller à l’encontre de certaines idées reçues, prévient Denis Fouquet. Le rock’n'roll à Bordeaux ne commence pas en 1977, mais en 1961. Jusqu’à 1967, c’est la préhistoire, avec un groupe comme les Caleçons Longs, qui fait écho aux Chaussettes Noires. C’est l’époque des sous-vêtements. Le rock est proche du balloche. On va au concert de rock surtout pour danser. L’époque pop s’étale ensuite jusqu’en 1976, avec une scène très rock prog. Le punk rock apparaît à l’occasion des festivals de Mont-de-Marsan, en 76 et en 77. Le punk venait d’être banni en Angleterre, donc une bonne part des groupes anglais débarque à Mont-de-Marsan. Pour la deuxième édition en 1977, le festival a été un carton, avec tout Paris qui débarque, et aussi tout Londres, en bus spécialement affrétés. En 77-83, Strychnine apparaît comme un groupe charnière et séminal pour toute une scène et tout un public. En 82 et 83 il y a deux festivals rock d’ampleur nationale à Bordeaux qui sont Les Boulevards du Rock. Suit l’époque des fameux groupes en St, dont les Standards. Et parmi les groupes qui se détachent par la suite, il y a bien sûr Camera Silens, et deux autres, pas totalement inconnus non plus, qui sont Gamine et Noir Désir… Ce sont les deux premiers groupes à faire parler de Bordeaux comme ville rock. Les années 90 sont celles de l’explosion. La scène est de plus en plus colorée Noir Dé depuis la fin des années 80, avec des groupes comme Mush, les Wet Furs, Edgar de l’Est ou encore les Straw Dogs qui forment une famille. Une famille de potes encore plus qu’une famille musicale, comme le montre l’expérience du B.U.L.B. entre autres (Bordeaux Underground Local Bands). On ne pourra pas faire à Noir Désir le reproche de ne pas avoir joué le rôle de moteur pour les groupes locaux ! A côté de cela il y a Belly Button, Dèche Dans Face, Mary’s Child… toute une explosion alternative et novatrice qui a définitivement marqué la singularité bordelaise en terme de créativité.”
Un regret, Denis ? “Oui : Kid Pharaon, que je n’ai pas réussi à rencontrer. J’ai écrit sur lui sans avoir pu l’approcher en personne.”
Et sans doute quelques rencontres particulièrement bonnardes ? “Je citerai le groupe Spina, une grosse rencontre. Je pense qu’il y aurait un ouvrage entier à faire sur eux. Et aussi Paco de Gamine, qui revenait de Goa en tongs avec son sitar et qui m’a refait l’histoire de la fin de Gamine avec beaucoup d’anecdotes “sex drugs & rock’n'roll”. Sans oublier Vincent Marco, figure emblématique de Rwa et Krümel Monster, étrange personnage, insaisissable et passionnant… Quand j’ai pris l’affaire en main début 2002, alors que j’étais en stage à la Rock School Barbey, je ne pensais quand même pas que ça prendrait cinq ans de ma vie ! J’ai interviewé entre 600 et 700 acteurs de cette histoire-là. J’ai préféré arrêter de chiffrer le nombre d’entretiens…”
Bordeaux Rock(s), éd. Castor Astral, 45 €
Jack dit :
Jack…
c’est tres sympatique cette article, mais j’aurais toutefois aimer en savoir plus……
RENAUD dit :
je viens de lire l’article sur Bordeaux Rock,et je suis agréablement surpris de voir le nom des CALCONS LONGS ayant été le batteur de ce groupe.
événements poker dit :
très bon blog bonne continuation